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ANALOGIES
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Yoann Lelong

Genèse, 2016, 32 mn

Yoann Lelong tout comme John Sanborn sont les témoins d’accomplissements de compagnies de danses. Ils ne sont pas passifs et inventent une forme en filmant les danseurs. Ils n’agissent pas aux mêmes moments de la création chorégraphique. Yoann Lelong s’attache aux répétitions, aux moments de quête, quand le geste est à trouver et se recommence pour se parfaire. Il suit la chorégraphe Anne Nguyen et les danseurs hip-hop, pendant la création de la pièce Kata. Au même moment, il suit également les répétitions, d’une œuvre musicale cette fois, celle du musicien Les Gordon (du label Kitsuné). Les deux univers, tous les deux en quête donc, sont ajustés par l’artiste pour former un nouveau film, objet imprévisible avec la magie des correspondances. John Sanborn donne son interprétation singulière de la pièce Tassel contribution du groupe « The Living Earth Show » avec Travis Andrews et Andy Meyerson et la compagnie Post:Ballet avec comme chorégraphe Robert Dekkers. Dans ses mouvements de caméra, dans le montage d’images multipliées, colorisées, accélérées John Sandborn livre sa vision de Tassel. Ce n’est pas la captation statique d’une caméra posée dans un coin censée enregistrer le moment. John Sanborn fait corps avec la compagnie et œuvre avec elle.

Derrière tout œuvre artistique, se cache un travail de recherche foisonnant, un parcours irrégulier fait d’avancées et de doutes. Mettant en perspective le travail de 2 artistes aux disciplines différentes, le film retrace ces moments d’improvisations, de répétition ou d’hésitations qui font partie intégrante d’une œuvre en devenir. Aux mouvements des danseurs hip-hop de la chorégraphe Anne Nguyen (en création de sa pièce Kata), se superpose une œuvre musicale du musicien Les Gordon (du label Kitsuné), 2 univers qui, bien que différents, viennent se compléter pour créer une forme nouvelle et singulière.

Qu’il s’agisse d’une pièce dansée ou d’une œuvre de musique, l’impression d’aisance et de maîtrise que suscite la découverte de l’œuvre aboutie est toujours flagrante. Quel processus de création derrière cette sensation de fluidité, de perfection ? Comment, d’une matière brute et spontanée, naît l’œuvre future ? C’est par cet angle que le film tente de capter et de retranscrire la genèse d’une création artistique, nourri par les séances de travail et de répétition des danseurs, autant que par la l’œuvre musicale composée sur le mode de l’improvisation.

Questionnement, tentatives, ajustements, répétitions… Autant d’étapes nécessaires que requiert la création d’un projet artistique, mouvement permanent oscillant entre la projection initiale de l’artiste et le projet en devenir, matière polymorphe et versatile. Miroir de cette genèse continue, le film finit par lui-même devenir objet de son propos. YL

John Sanborn

Tassel, 2016, 9 mn 12

Tassel | The Living Earth Show | Post:Ballet.

Tassel est une invention d’un travail média, ayant recours à une édition vidéo afin de produire une vue au delà du mouvement et de l’impulsion physique et qui enregistre ce que les musiciens voient et ressentent quand ils accompagnent de la danse. L’art interprète l’humanité parce que nous avons besoin d’histoires pour survivre. La musique subvertit les histoires parce qu’elle transcende la réalité. Que se passe-t-il quand les deux entrent en collision ?

Inspiré par une soirée de collaboration entre la compagnie « The Living Earth Show » (Travis Andrews et Andy Meyerson) et le « Post:Ballet » (chorégraphe Robert Dekkers) pour “DO BE” ; Tassel s’interroge sur ce que nous pensons quand nous écoutons de la musique tout autant que sur l’état de fugue temporaire créé par la danse contemporaine.

Tassel est dirigé par l’artiste multi médias John Sanborn qui mélange de vigoureux mouvements de caméra, à un montage innovant et des colorisations d’images proches de la fabulation, afin de nous mener dans une expérience unique de recherche de signification dans un domaine chaotique.

Je travaille comme si je composais une symphonie, mélangeant la composition et le mouvement d’après le concept de paysage mental. J’utilise l’art digital et l’image en mouvement pour créer des analogies : offrir une transposition poétique basée sur l’observation d’un environnement en déclenchant une succession d’événements, de cycles naturels transformés en média. JS

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