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Benoît Grimalt
Série

L’intérêt de la Saison Video pour les séries a commencé en 2016 avec la réception de la série d’artiste Pragmatic Chaos de Virgile Fraisse, qui fut diffusée en avril 2017 sur saisonvideo.com. Dès lors se sont posées les questions suivantes : quels sont les autres artistes qui ont réalisé des séries ou qui en ont le projet ? Et qui s’en réfère dans ses films ? Découvrir Retour à Genoa City, 2017, réalisé par Benoît Grimalt a été une chance. Il était ainsi possible d’aborder franchement Les Feux de l’Amour, qui n’a pas la considération d’une série d’artiste, et surtout de le faire sans aucune condescendance ni dédain. L’approche du réalisateur est subtile. L’image de la série est associée aux grands mères et à l’instant de la sieste. C’est donc sa propre grand mère et son grand oncle qu’il ira filmer à Nice dans leur salon qu’ils n’ont pas quitté depuis des années. Dans ce salon, trône le poste de télévision devant lequel ils s’installent, à heure dite, depuis le début de la série en 1989. Aucune réunion familiale n’a empêché le rituel. À partir de cette habitude, de cet attachement Benoît Grimalt façonne l’histoire familiale. Ainsi il entrecroise des extraits de la série avec des archives photographiques et filmées en VHS quand il s’essayait à ses premières réalisations. Avec pour point de départ Les Feux de l’amour, le film constitue un hommage touchant à sa famille tout en considérant ses travers avec malice. De la même façon, qu’adolescent, il taquinait avec un plumeau son oncle sur le point de s’endormir.

Benoît Grimalt

Retour à Genoa City, 2017, 29 mn

 production Entre2prises

Mémé et son frère Tonton Thomas regardent Les Feux de l’Amour, tous les jours à la même heure, depuis 1989. Vingt ans après mon départ de Nice, je reviens les voir pour qu’ils me racontent les 3827 épisodes que j’ai manqués. BG

Un entretien avec l’artiste est disponible ici.

Extraits du journal de tournage

Nice, 27 Septembre 2016

Le plan du bateau a surtout trainé à cause de la lumière et de la chaleur et des horaires de départ des bateaux qui ne correspondent pas aux horaires de la lumière idéale. Je préfère, par ailleurs, filmer en hiver (on voit mieux dans l’écran de contrôle). Penser donc à écrire un film d’hiver.

Zut, il se met à pleuvoir, je me réfugie au « café du port ». J’ai hésité avec le « café tip top » mais puisque je suis au port, j’ai choisi le « café du port ». Je suis bien placé, j’ai vue sur l’arrivée des bateaux. Dommage qu’il y ait des voitures qui circulent non stop, on pourrait entendre le clapotis.

 

« J’installe le pied et la caméra. Une fois de plus un type louche vient me demander ce que je tourne : « un film sur ma grand-mère… »

- « Elle avait du patrimoine ici ? »

Les types louches posent des questions étranges.

 

Voilà ! Le bateau quitte le port, il entre dans le champ, je passe mon pull bleu, j’entre à mon tour dans le champ, on a le plan. Coupez.

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