Le temps ce grand sculpteur
programme

Le temps qui passe voit évoluer les conditions de travail, ses enjeux et les mobilisations collectives. De nouvelles techniques nécessitent de nouveaux savoir faire. De nouvelles compétences sont requises mettant à mal l’absence de qualification. Enfin, l’histoire affecte l’usage d’un lieu. 

Thierry Verbeke

L’Avenir nous appartient, 2016, 8 mn 35

Collection FRAC Grand Large – Hauts de France

L’Avenir, est un local syndical à Dunkerque occupé par les anciens dockers aujourd’hui retraités. Mais l’Avenir est aussi une enseigne qui a été installée sur la façade du bâtiment lors de sa construction dans les années soixante. Depuis, elle a subi les outrages du temps, s’est fissurée et était à deux doigts de tomber, lorsque je l’ai aperçue pour la première fois en 2013. Comme un écho, l’Avenir que l’on nous avait promis radieux, trouvait là une illustration de son délabrement actuel. Après avoir rencontré les usagers du lieu, j’ai proposé de procéder à l’échange de leur vieille enseigne contre une nouvelle fabriquée à l’identique. La vidéo « l’Avenir nous appartient » documente cet échange et tente de retracer à travers une série d’interviews, l’histoire du lieu et des luttes sociales qui lui sont liées. TV

Dans le cadre de l’exposition « Que fut 1848 ? » au FRAC Grand Large – Hauts de France.

Rencontre avec THIERRY VERBEKE au FRAC à Dunkerque le vendredi 30 novembre à 18 h 30 en collaboration avec l’ESA Dunkerque.

Elizaveta Konovalova

Melanchthonkirche, 2016, 6 mn 12

Le film se construit autour de l’histoire d’un lieu, une ancienne église luthérienne de Tchernyakhovsk (anciennement Insterbourg), dans la région de Kaliningrad. Suite à la déportation de la population allemande, l’église est délaissée. Plus tard, elle est reconvertie en fonderie. Celle-ci brûle dans les années 70 et son toit s’écroule. Le bâtiment est alors grossièrement reconstruit et transformé en un entrepôt, qui devient un débarras et un atelier de fabrication de pierres tombales. Aujourd’hui, les murs de l’ancienne église laissent décrypter chaque étape de cette transformation. La vision de ces strates mises à nue dans une composition hybride rend palpable l’expérience de l’histoire. EK

Eléonore de Montesquiou 

Femmes de Cerbère, 2014, 23 mn, NB

Film produit avec le soutien de la Commune de Cerbère et de l’association Shandynamiques

« En 1906, c’était la première grève des femmes, c’était à Cerbère en 1906. Pourquoi ? Parce qu’elles ont voulu être payées cinq ou six centimes de plus par tonnage, par wagon. Les transitaires, ceux qui étaient responsables de wagons n’ont pas voulu, donc, elles ont fait grève. » 

Cerbère marque une frontière entre la France et l’Espagne. À Cerbère, les trains espagnols et français s’arrêtent, car l’écartement des voies diffèrent dans les deux pays. Jusque dans les années 1980 les marchandises devaient être transbordées d’un train à l’autre. Les femmes à Cerbère travaillaient aux oranges. Elles les transbordaient des trains espagnols dans les trains français. En 1906, les transbordeuses d’oranges ont fait la grève, la première grève des femmes en France. Aujourd’hui ce métier n’existe plus. Le film y rend hommage grâce aux témoignages d’une transbordeuse et d’enfants de transbordeuses ainsi que nombre de photos d’archive et extraits de journaux. EdM

Pierre Gaignard

Stronza Valentina, 2016, 13 mn

Dans les Abruzzes, on chantait pendant la récolte des olives. Aujourd’hui, Valentina, le râteau mécanique, aide la famille Palmerini à récolter plus vite. Toujours plus capricieuse et bruyante, ils ne pourront plus chanter maintenant. PG

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