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SERIAL CHARACTERS
Série

Sabina Jacobsson

The Confrontation, 2014, 15 mn

Les deux films du programme s’inspirent de la notion de série en considérant son unité de base l’épisode. Dans The Confrontation, Sabina Jacobsson adapte librement l’un des trois épisodes de la série télévisée « Hotel Room » réalisée par David Lynch et Barry Gifford en 1993 : Getting Rid of Robert épisode 2. L’intrigue garde comme lieu d’action l’emblématique chambre 603. En revanche les protagonistes deviennent un groupe d’amis homosexuels. Tony Regazzoni s’attaque quant à lui à l’Ancien Testament dans sa version hébraïque (la Torah) pour composer Genesis. Dans le film, scindé en trois épisodes, comme d’ailleurs l’organisation d’une tragédie classique, Tony Regazzoni nous livre sa version de la Genèse en mode peplum et multi références, en mettant également clairement en avant la question du Genre.

Dans la vidéo The Confrontation Sabina Jacobsson détourne l’un des épisodes de la série télé de David Lynch Hotel Room réalisée en 1993. L’attitude revêche et les conséquences déterminantes des réactions du personnage principal sont accompagnées de rires et de musique et sons expérimentaux. Une tierce personne, l’ancien amoureux de l’amoureux, Marius, est étendu sur le lit de la chambre d’hôtel du personnage principal et lit à voix haute le livre de Camille Paglia Sexual Personae. Cette référence éclaire le sujet de l’artiste tout autant que sa méthode. À travers ses recherches personnelles concernant des travaux d’autres artistes, Sabina Jacobsson dévoile une image de notre propre capacité et volonté à exclure nos semblables. Le thème du travail artistique excède un niveau interpersonnel quand le drame a lieu dans un milieu homosexuel et nous sentons les contours d’une exclusion systématisée. Eva Løveid Mølster

Tony Regazzoni

Genesis, 2016, 18 mn

mécénat FNAGP et aide individuelle à la création 2015 de la DRAC Île-de-France

Genesis est le titre de ce que je nomme un “soap opera” en trois actes, inspiré de l’Ancien Testament, plus précisément de sa version hébraïque (la Torah), la plus ancienne dans laquelle Elohîm (Dieu) créa un être unique à la fois mâle et femelle - plus souvent désigné sous le terme d’androgyne - à partir duquel Adam et Eve furent conçus. Dustin Muchuwitz, qui interprète ce rôle, est une figure emblématique de cette ambiguïté qu’elle affirme dans sa vie quotidienne. Un combat qui me touche à la fois pour la force qu’il nécessite mais aussi parce qu’il me semble devenir la forme la plus aboutie de l’existence humaine, que j’assimilerais non pas à une transgression mais plus à une révolution, un dépassement. Le film tisse un ensemble de digressions symboliques sur la forme géométrique sphérique interprétée comme matrice universelle : à l’origine des particules, des atomes, de la vie, de la géométrie...

C’est en regardant la vidéo youtube d’un bousier poussant son fardeau sphérique (destiné à accueillir sa progéniture) que notre personnage va commencer à se plonger dans des questionnements métaphysiques, exacerbés après l’inhalation du contenu d’un flacon disposé sur son bureau. La dichotomie entre sa présence dans le monde réel et celle métaphysique est signifiée par ce jeu de va et vient entre le format 4/3 (qui composait le format de notre domesticité jusqu’à il y a peu) et le format cinémascope (celui de la “grande” fiction). TR

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